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Jeudi, le premier mai 2014
Souvent, les gens sont curieux de savoir ce que je fais accroupi en bordure de la rue, la tête penchée, ne bougeant presque pas. La plus part du temps on pense que je ne me sens pas bien, que le mal m’a terrassé (le coeur chez les hommes c’est fragile), jamais personne ne s’est exclamé: « Ha! vous photographiez cet élastique bleu.  »
Peu après cette image, je me suis retrouvé à suivre un facteur, ramassant 4, 5 élastiques fraîchement semés avant de le rejoindre. Un petit peu baveux, mais prenant quand même un ton naïf, je lui lance: «Vous avez échappé ces élastiques!» Comme excuse après lui avoir demandé pourquoi la majorité de ses élastiques se retrouvait au sol, il invoqua la fatigue. C’est vrai qu’ils en marchent un coup avec tous ces escaliers à monter et à descendre, mais il y a aussi un je-m’en-foutisme parce que l’employeur, ben c’est le gouvernement et même s’il a (peut-être) voté pour, il demeure l’ennemi, le boss, et c’est connu, on ne se force pas pour son boss, surtout quand il va bientôt couper ta job. Au chômage le facteur, il va trouver qu’il y a là une autre sorte de fatigue.
 


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