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Mardi, le 15 mars 2016
On va mettre ça sur le dos de la grisaille d’un printemps précoce et sale, mais la journée s’annonce nostalgique. J’écoute l’album « Dummy » du groupe Portishead. Ça date de 1994, et je me souviens très bien du moment où j’ai entendu « Sour Times » pour la première fois à la radio. Ça ne me rajeunit pas, et l’image d’une caméra Super8 en entête n’arrange rien.
Cette caméra, une Braun Nizo, me faisait tellement saliver dans les années 80. On a beau rationalisé et se dire que ce n’est pas la qualité du marteau qui fait rentrer le clou, mais l’expertise du menuisier, n’empêche, les marteaux ne sont pas tous égaux et ça joue beaucoup sur la confiance, l’idée que l’on se fait de soi, de son talent, absent, petit ou grand.
Cette caméra donc, une beauté, un objet de musée depuis sa naissance, je l’ai eu entre les mains une petite fin de semaine. Il n’y en avait qu’une au cégep, et elle était très courtisée. Je n’ai pas fait mon meilleur film avec elle, loin de là, je ne sais même plus où il se trouve, dans le fond d’une boîte sans doute qui encombre un garde-robe. Mais c’était une icône, et j’étais allé filmer dans le cimetière de bateaux à Louiseville, là où Sergio Leone y avait tourné un petit bout de son « Once Upon a Time in America ». L’endroit était fabuleux, laissé sans surveillance, ouvert, impensable aujourd’hui.
La journée était grise, froide et humide, en cette fin d’automne, il y avait des traces de neige, on pataugeait dans la boue et on était misérable. Je referais ça n’importe quand.
 


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