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Mercredi, le 23 mars 2016
Bruxelles est la ville européenne où j’ai passé le plus de temps, y trainant même LN au début de notre relation en un mois de janvier humide et gris. Elle y eut de la difficulté à concevoir mon enthousiasme pour cet endroit que j’ai surtout connu en été.
Parce que le billet d’avion était plus abordable vers la Belgique que Paris, c’est à Bruxelles que j’ai mis les pieds pour la première fois en Europe. Je n’ai aucun souvenir de l’aéroport (aujourd’hui dévasté par les attentats) mais le trajet en train vers le centre et sa sortie du tunnel sont mes impressions initiales de l’Europe. On a déjà vu mieux, mais sur la durée, Bruxelles sut faire amende honorable.
Après trois semaines en Îles de France, sans le sou et hypothéquée par un régime de jambon-beurre et des genoux en compote d’avoir tant marché, je suis retourné à Bruxelles.
Mon été fut donc Belge. Logé, nourri et même payé par l’auberge où je voulais passer la première nuit après l’aventure parisienne, je suis devenu, par osmose, bruxellois en quelques mois. La routine à l’auberge consistait, pour notre petit groupe de voyageurs en transit dans ce microcosme belge à moitié Flamand et Wallon constitué d’une Française, d’une Australienne, d’un Mexicain et du Québécois que je suis, de servir le déjeuner et faire les chambres le matin, servir le souper et rangé la cafétéria le soir. Le reste du temps, il était à nous.
J’utilisais le vieux vélo oublié de l’auberge, appréciant le Bois de la Cambre, le grand parc Bruxellois et surtout les jeudis après-midi que je passais au bistro À la Mort Subite, lisant le Soir, le journal local qui sortait ce jour son édition culturelle de la fin de semaine. Le bistro à la bière du même nom que l’on commande par la saveur est très beau, un long couloir ornementé, comme on savait le faire à une autre époque. Situé pas très loin de la Grand-Place, où après avoir traversé les Galeries Royales Saint-Hubert, est presque au coin de la rue. C’est aussi au cinéma Arenberg des Galeries Royales que j’ai vu le dernier Fellini, « La Voce Della Luna » lors d’une soirée mystère, alors qu’on ne sait pas quel film on va voir.
Sinon, la nuit se terminait dans un bistro de quartier, il y en avait un que notre groupe d’expatriés fréquentait pas très loin du Manneken Pis, ou encore, dans l’appartement d’une des filles qui travaillaient à l’année à l’auberge. Je ne sais plus très bien comment on communiquait quand on se retrouvait en gang comme ça. L’anglais était présent, possiblement parce que c’était la seule langue que parlait l’Australienne, mais le flamand et le français tournaient toujours autour. Il n’y avait que le pauvre Marco, le Mexicain du groupe qui ne pouvait sortir sa langue natale qu’avec les touristes espagnols de passage, mais il y en avait beaucoup.
 


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